La potichomanie1 prend place à Paris entre 1854 et 1855. Elle est définie dans le journal Le Constitutionnel comme « l’art de décorer et d’orner le verre en lui donnant l’apparence de la porcelaine peinte »2.

Cette pratique s’affilie à deux phénomènes propres à cette période. D’un côté, un intérêt croissant  pour l’objet chinois et d’un autre, l’émergence de modes successives qui affluent tout au long du XIXe siècle. Cette tendance met en exergue un goût chinois ambiant à cette période pourtant délaissée par l’historiographie. Celle-ci se concentre sur l’essor de la chinoiserie aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis plus spécifiquement sur les années 1860 – 1920, correspondant ainsi à l’émergence des collections chinoises savantes3 comme celle d’Ernest Grandidier (1833 – 1912) ou de Henri Cernuschi (1821 – 1896). L’absence de ces mentions dans l’historiographie porte à croire que l’intérêt pour les objets chinois est tombé en désuétude durant les années 1840 – 1860. Toutefois, l’étude de phénomènes comme les collections ou de tendances comme la potichomanie met en exergue un goût pour ces pièces, notamment au milieu du XIXe siècle. Ainsi, la potichomanie, contrefaçon abordable des porcelaines chinoises, permet d’étudier la place qu’occupe la Chine dans la pensée et la culture visuelle de l’époque. Malgré l’absence de ce sujet dans l’historiographie, de nombreuses sources primaires demeurent. La presse demeure le principal témoin de ce phénomène, nous permettant de mesurer son ampleur mais aussi son caractère éphémère. Cette dernière nous apprend qui pratiquait la potichomanie, où, et comment. Deux fascicules rédigés dans le cadre de la vente de potichomanie nous renseignent également sur les différentes étapes de cette activité. Il s’agit de : Nouvelles instructions sur la potichomanie rédigées et publiées par MM. Susse frère4 et Potichomania or, The Art Of Imitating Porcelain5. Ces derniers nous renseignent sur les spécificités des boutiques délivrant ce type de prestation, sur le matériel nécessaire ainsi que sur le procédé de la potichomanie. Nous disposons également des gravures caricaturant l’engouement autour de ce phénomène en représentant des bourgeois en train de s’y adonner6.  La potichomanie est un passe-temps bourgeois qui consiste à fabriquer sa propre potiche amorçant ainsi un jeu entre reprise du modèle chinois et dépassement de celui-ci. Elle incarne un goût purement esthétique pour les porcelaines chinoises durant le milieu du XIXe siècle. Après avoir défini ce qu’est la potichomanie, nous nous attacherons à souligner la manière dont le phénomène traduit un goût pour la production chinoise choisie selon une perspective européenne.

Fig. 1 : Vase potichomanie, verre recouvert de vernis et orné de motifs en papier découpé, XIXe siècle, 11 cm x 16cm x 33 cm, source : https://www.proantic.com/1429485-vase-couvert-en-potichomanie-decor-chinois-premiere-moitie-du-xix.html ;
Fig. 2 : Vase potichomanie, verre recouvert de venir et ornée de papier découpé, XIXe siècle, 36 cm de hauteur, source : https://www.proantic.com/514314-paire-de-porte-perruques-a-decor-facon-arte-povera-1ere-moitie-du-xixe-siecle.html#

Une activité bourgeoise sous couvert d’esthétique chinoise

Tout d’abord, la potichomanie tire sa popularité de son caractère manuel, plus que de sa ressemblance avec la production chinoise. Celle-ci, bien qu’à l’origine de l’essor de la potichomanie, est finalement reléguée au second plan et ne devient qu’un prétexte, qu’une référence subsidiaire pour justifier l’activité

Faire sa propre potiche : le fascicule des frères Susse 

La potichomanie est une activité manuelle qui consiste à réaliser sa propre potiche chinoise à partir d’un récipient en verre recouvert d’un vernis imitant la teinte de la porcelaine, et de papier découpé. Il s’agit, par ce procédé, d’imiter visuellement l’aspect des pièces chinoises. Cette volonté est d’ailleurs revendiquée dès les premières pages du fascicule des frères Susse, manuel de référence de la potichomanie, : « Les contrefaçons de la porcelaine et surtout des potiches ne sont pas une chose nouvelle »7.

Pour réaliser son œuvre le « potichomane »8 commence par déposer à l’intérieur d’un contenant en verre ou en cristal des morceaux de papier gélatinés préalablement découpés qu’il recouvre ensuite d’un vernis blanc à base de zinc. Cette technique est mentionnée sous les termes de « procédé-Japon » dans la presse9. L’ensemble de l’activité est décrit dans le fascicule des frères Susse. Dans ce livret, l’auteur commence par décrire l’ensemble des outils nécessaires pour la mise en application. L’adepte doit donc se munir de « vases, potiches, coupes ou plaques de verre », de « papiers imprimés en couleur », de « ciseaux minces et pointus pour le découpage », d’« une bouteille de vernis inaltérable », d’« une bouteille d’essence rectifié de térébenthine », d’« une bouteille de gomme fondue » et de « pinceaux en soie de sanglier »10. L’ensemble des produits sont vendus dans la boutique des frères Susse, il semble important de ne pas omettre l’objectif mercantile de ce fascicule.

Fig. 3 : Pierre-Paul Comba, « Planche n° 10 d’une suite de 24 planches numérotées. La potichomanie. » Le bout de mon crayon, Lithographie, 23, 6 cm sur 31, 9 cm, Paris, musée Carnavalet.

Pierre-Paul Comba (1834 – 1872), afin de caricaturer le phénomène, représente dans une de ses planches dédiées à ce thème les différents outils nécessaires dansant en rond autour d’une potiche (Fig. 3). Le choix de l’iconographie a pour objectif de décrédibiliser cette pratique, jugée comme chronophage. Elle évoque également le caractère prégnant, obnubilant de cette dernière, largement décriée par la presse de l’époque, comme l’indique l’usage d’un motif évoquant une danse rituelle. Nous reviendrons sur ce sujet ultérieurement. 

L’auteur du fascicule poursuit avec la liste des six opérations à réaliser : « découpage des dessins », « collage des dessins », « vernissage ou gommage », « préparation de la teinte » et enfin « mise en couleur »11. Notons que la potichomanie ne se limite pas seulement à la décoration de vases mais s’élargit à toute forme de contenant « [elle] s’applique à mille petits objets qui décorent et qui embellissent un appartement. À des plaques de porte, à des jardinières, à des suspensions »12. La multiplication des supports traduit la manie qui émerge à cette période mais surtout son caractère frénétique que nous définirons plus tard.

Le succès de la potichomanie réside ainsi dans la réalisation de sa propre potiche mais aussi dans le caractère mondain qu’elle représente. En effet, la potichomanie est également une affaire de sociabilité tant il s’agit de montrer son œuvre mais aussi de la réaliser lors de moments de convivialité.

La potichomanie : élément de mondanité ?

Comme nous l’avons explicité, il existe des fascicules de potichomanie. Ces derniers sont réalisés par les vendeurs de potiches eux-mêmes. Ceux-ci ont donc tout intérêt de vanter leur production qu’il dit être rivale de la porcelaine à pâte tendre ou dure. Toutefois, la qualité du matériau ne trompe pas et la presse n’hésite pas à les rappeler à l’ordre en critiquant avec hardiesse ce phénomène jugé comme une énième tendance de l’époque. En effet, on apprend en lisant celle-ci que tout au long du XIXe siècle, un goût pour les activités manuelles domine, engendrant la multiplication et la succession de ce genre d’épisode. Nous pouvons citer par exemple la lubie de fabriquer ses propres chapeaux ou encore ses propres chaussures13. La potichomanie est ainsi assimilée à ces tendances ponctuelles. La presse et les fascicules nous ont permis d’identifier quelques boutiques ou peuvent s’acheter le matériel de la potichomanie. Tout d’abord, la boutique des Frères Susse localisée à Paris, au 31 place de la Bourse. Cette maison semble d’ailleurs être l’instigatrice de nombreuses tendances. En effet, elle est celle dont on trouve le plus de référence dans la presse mais aussi le plus d’annonces. Celle-ci semble être à l’origine de tendances semblables comme celle de la décalcomanie que l’on voit émerger à partir des années 1860.14 La boutique des frères Susse est une boutique spécialisée dans les fournitures et l’ornementation des bureaux.15 Parmi les autres vendeurs de potichomanie que nous avons pu identifier on peut également citer Jaullain16, la maison Buhot17 ou Mlle Maillard. 

La mode de la potichomanie a pris un tel essor que les boutiques s’en disputent la distribution. En effet, en 1855 s’ouvre un procès à l’initiative de M. Robert, marchand de porcelaine contre Mlle Maillard avec qui il partage la location d’un immeuble, marchande de papier qu’il accuse de concurrence illégale.18 Effectivement le matériel de potichomanie se vend en papeterie puisque l’essence de l’activité réside dans la découpe et le collage. C’est d’ailleurs ce que conclura le procès :

« Dans la potichomanie le vase de verre blanc ne sert uniquement que de canevas pour un travail d’agrément qui touche au dessin ou à la peinture, et qui emploie pour élément principal des papiers richement coloriés, et pour accessoires des pinceaux, de la gomme liquide et des couleurs. En conséquence, potichomanie n’est point un commerce de verrerie, mais bien de papeterie. »19

Ce procès témoigne de deux choses. Tout d’abord, que la potichomanie est telle qu’elle entraîne l’essor de concurrence entre différentes boutiques parisiennes. Ensuite, en vue du compte rendu du procès, que c’est l’activité manuelle qui prime dans la potichomanie et non pas l’objet lui-même. Si la potichomanie se collectionne, il s’agit des pièces réalisées soi-même. Un marché de potiche déjà confectionné n’aurait pas de sens puisqu’il perdrait de son essence. De plus, les matériaux n’ont pas de valeur intrinsèque limitant leur valeur marchande. Ainsi, ce qui est prisé dans cette activité,c’est le choix et la sélection des motifs. Ces derniers sont donc en partie vendu dans les papeteries. On retrouve par exemple dans Le journal des imprimeries des exemples de planches commandées dans ce dessein. Parmi les motifs proposés on peut ainsi retenir certains reprenant des lithographies de François Boucher (1703 – 1770), des « imitation[s] de porcelaines chinoise », des modèles en « or et en couleurs »20. De même, le guide Sajou21, revue qui s’affiche comme un guide des passe-temps féminins, propose des conseils quant à la bonne manière de pratiquer la potichomanie, en se munissant d’un bâton de bois par exemple pour mieux coller le papier et éviter les bulles, mais propose également des planches à découper. Parmi ces motifs figurent des motifs de chinoiseries « n°378 Chinoiseries personnages, fleurs, attributs, etc. Cette feuille est sans contredit la plus jolie […]. », « n°418 Décors chinois bleu sur blanc » mais aussi des décors d’autres natures comme « Sujets de sainteté, or sur blanc » « n°408 Guirlandes de roses avec et sans rubans, pour genre Sèvres »22.

Le profil du potichomane semble à première vue, et selon les dires de la presse, être celui d’une femme issue de la bourgeoisie, puisqu’elle possède du temps à lui allouer, il s’agit là d’ailleurs un des reproches majeurs fait par la presse.23 Toutefois, les hommes ne semblent pas être exclus de cette activité. Par exemple dans la gravure La potichomanie Exaltation. Paroles et Musique de Marc Constantin un homme est mis en scène au premier plan en pleine réalisation de sa potiche. Celle-ci est particulièrement intéressante car elle met en scène au premier plan un homme assis, entouré de potiches et de différents outils. Ainsi, le processus de réalisation d’une potiche est ici illustré avec la mise en scène d’une bassine et de pinceaux prêts à coller les motifs préalablement découpés dans les planches disposés à la droite de l’homme. L’individu est d’ailleurs en train de glisser son bras dans la potiche afin d’y coller les motifs précédemment choisis. Malgré les illustrations que nous avons citées, il semble que la potichomanie se pratique en communauté et est un objet de réunion.

« La maitresse de la maison avait le nez tout barbouillé de couleurs ; le maître de la maison nettoyait les vases, les trois filles découpaient, les deux fils en faisaient autant, six autres personnes les imitaient. On m’offrit une paire de ciseaux en entrant ; il y en avait une douzaine sur la cheminée pour les nouveaux arrivans [sic]. »24

La potichomanie semble ainsi être entrée dans les mœurs et est devenue un élément de sociabilité, une activité qui se pratique à plusieurs. Participer à cette activité signifie être dans la tendance actuelle, elle devient un élément d’apanage au même titre que la possession d’une véritable porcelaine chinoise, objet de luxe.

Il convient également d’évoquer que ce phénomène ne se cantonne pas simplement à la sphère parisienne. Tout d’abord, citons le manuel publié par Hutton & Co, rédigé en anglais et témoignant d’une exportation de cette pratique à Londres. Toutefois, même à échelle française la potichomanie s’exporte et engendre moulte critiques à son encontre. Ainsi peut-on lire dans le Paris illustré : « La potichomanie n’est pas seulement un objet de mode, c’est une véritable épidémie qui, après avoir atteint toutes les classes de la société parisienne, menace la province ». De même, les récits autour de cette pratique renforcent l’idée que ce phénomène a également touché les villes hors de Paris.

La manie des potiches

Dès la racine du mot le terme potichomanie est issu de la contraction de « potiche » et de « -manie ». La potiche fait directement référence dans la pensée du premier XIXe au « Grand vase rond et renflé en porcelaine de Chine ou du Japon »25. Le suffixe « -manie » est employé pour évoquer une passion ou une habitude morbide. Il est connoté péjorativement, dès son étymologie grecque où il signifie « folie », et conserve encore ce sens au XIXe siècle. Nous ne savons pas qui est à l’origine de ce terme, s’il s’agit de la presse ou des vendeurs de ces produits eux-mêmes, quoiqu’il en soit, la presse s’empare de cette terminologie et en use pour critiquer l’engouement jugé exagéré. C’est ce caractère frénétique qu’Honoré Daumier cherche à représenter dans ses gravures consacrées à ce sujet. Il met ainsi en scène l’obsession pour les potiches figurée de différentes manières. Tout d’abord par l’accumulation, pour accentuer ce procédé il les représente affublées de bras et de jambes afin de mettre en exergue le caractère fourmillant et imager leur omniprésence dans les esprits. Une autre iconographie est également employée dans laquelle les potiches sont représentées en train de se briser, symbolisant leur fragilité et par ce ressort la préciosité que leur porte leur détenteur. D’autres artistes se sont aussi adonnés à représenter la potichomanie comme Pierre-Paul Comba (1834 – 1872) qui a également réalisé plusieurs planches sur le sujet. Ce dernier, fait l’emphase sur les comportements abusifs engendrés par cet engouement (Fig. 4).

Fig. 4 : COMBA, Pierre-Paul, « Planche n° 9 d’une suite de 24 planches numérotées. La potichomanie. » Le bout de mon crayon, Lithographie, 23, 5 cm sur 32 cm, Paris, musée Carnavalet.

La potichomanie devient ainsi un outil de moquerie employé par les caricaturistes pour rire des comportements des mondains du siècle. Par exemple Albert Adam (1833 – 1900) se sert de cette image pour illustrer les défaites militaires du Tsar Nicolas Ier de Russie (1796 – 1855) lors de la guerre de Crimée (1853 – 1856) (Fig. 5). On le voit ainsi représenté, assis au centre de l’oeuvre, en train de coller des motifs à l’intérieur de sa potiche. Il est accompagné de ses deux fils, les grands ducs, en train de découper et de peindre. Le recours à la potichomanie pour caricaturer ce sujet est révélateur de l’ampleur du phénomène.

Fig. 5 : ADAM, Albert, Récréations d’un grand homme, planche 53, 1854, Paris, musée Carnavalet, source : Paris Musées.

Après avoir parlé de la tendance de la potichomanie et de l’engouement qui l’entoure, il convient de rappeler qu’il ne s’agit que d’une mode éphémère qui dure de 1854 à 1855 et que l’engouement attife est retombé aussi vite qu’il est apparu. En effet, dès 1856 des articles de presse mentionnent cet épisode comme révolu. Par exemple, on peut lire dans le Charivari :

« Quoi qu’il en soit, on ne parle pas d’autre chose, et ce prodige devient réellement fastidieux à cause de son extrême facilité ; mais on s’en fatiguera plus vite encore qu’on ne s’est fatigué de la potichomanie et des tables tournantes. »26

On remarque ainsi que le terme de potichomanie est employé même après le phénomène de mode notamment pour caricaturer les autres -manies du siècle. On le retrouve principalement au sein des énumérations dénonçant les successions de ces tendances et permettant d’accentuer le caractère épisodique et bref de ces lubies. A partir des années 1860, un second sens lui est conféré, celui d’une politique frauduleuse. Ainsi, Edmond Goncourt écrit en 1860 dans Charles Demailly :

« Cette pensée qui […] pendant l’entracte des débats parlementaires, des duels d’école, des conflits d’églises, des questions d’équilibre européen, fait pâture de tout et se rue aux pantins, au silhouette, au parfilage, à la potichomanie. »27

Le terme est employé à nouveau en 1869 pour qualifier l’attitude de partisans « ultra-conservateurs » lors d’élection :

« De là ces coups de ciseaux incompréhensibles donnés à tort et à travers dans la carte, ces juxtapositions hétérogènes, ces découpures, cette potichomanie politique qui paralysent ou du moins cherchent à paralyser l’élan démocratique des cités. »28

Ainsi, cinq ans seulement après l’avènement de ce phénomène, il ne demeure de la potichomanie qu’un sens péjoratif. La raison de cette connotation est principalement due à l’ensemble des modes éphémères et sans réel impact qui se succède tout au long du siècle mais aussi au sens négatif qui lui est associé dès son origine. 

Après avoir défini ce qu’est la potichomanie, une activité manuelle qui a connu un vif succès et qui consiste en la réalisation personnelle d’un vase chinois, il convient de s’attarder plus amplement sur l’origine de ce phénomène.

Un pastiche de la porcelaine chinoise

La potichomanie a dès sa conception l’ambition, non pas de tromper l’œil en se substituant à une véritable porcelaine chinoise, mais plutôt de la remplacer, d’incarner la potiche chinoise. Dès lors, elle permet de faire l’apanage d’un bon goût, celui de la chinoiserie, et ce, à coût réduit.

Contrefaçons de la porcelaine chinoise

Décortiquons plus amplement ce phénomène. La potichomanie évoque incontestablement, par son aspect, la porcelaine chinoise. En effet, bien que l’origine de cette activité soit d’imiter une porcelaine de Chine29, la popularité de celle-ci ne dépend pas de cet aspect mais bien de l’exécution, de la réalisation de son œuvre unique à soi. De plus, les décors ne se limitent pas à un registre sinisant comme l’illustre la figure n° 5 en arborant des motifs de soldat (Fig. 6). Ainsi, le terme de pastiche est celui qui convient le mieux pour qualifier l’objet qui découle de cette pratique. En effet, il s’agit plutôt de caricaturer la porcelaine chinoise qui se trouve réduite, dans la potichomanie, à son essence, à l’idée de son esthétique, celle d’un vase ou d’un contenant à fond blanc et recouvert de motif disparate réparti sur la surface. Rappelons également que des planches de motifs à décors chinois sont suggérées pour réaliser sa propre potiche chinoise, rendant ainsi d’autant plus explicite cette volonté d’imiter la production chinoise. (Fig. 7)

Fig. 6 : Vase, potichomanie, verre recouvert de vernis et orné de motifs en papier découpé, XIXe siècle, H 34 cm, source : https://www.proantic.com/1430430-vase-couvert-en-fixe-sous-verre-potichomanie-epoque-napoleon-iii-arte-povera-zouave-xix.html
Fig. 7 : Vase, potichomanie (deux faces), verre recouvert de vernis et orné de motifs en papier découpé, XIXe siècle, source : https://www.ebay.fr/itm/195747412030

En effet, malgré l’imitation de toutes les porcelaines (Sèvres, Hollandaises …), comme le propose le fascicule des frères Susse, c’est la connotation chinoise qui prime sur les autres comme en témoigne la lithographie de Frédéric Bouchot (Fig. 8), où la scène de potichomanie se déroule dans un décor sinisant, avec en fond, sur des paravents, des figures de mandchous. Les détracteurs soulignent dans un premier temps le caractère de « contrefaçon » inhérent à ces pièces et déplorent la fascination que l’on porte à ces objets de faible valeur tant esthétique que technique :

« je ne trouve pas en ce moment d’épithète assez admirative, on enfonce la Chine et le Japon, et l’on peut en faisant un pied de nez à ces deux puissances de la curiosité se procurer dans les prix doux des potiches … qui n’en sont pas. »30

La potiche, résultante de la pratique de la potichomanie, est une autre manière d’arriver au résultat de la porcelaine chinoise. Cette pratique n’apparaît pas ex nihilo mais s’inscrit dans une tradition de l’imitation de l’objet chinois. En effet, depuis le XVIIIe siècle, les européens tentent d’imiter celles-ci. Rappelons les activités des missionnaires Jésuites à cette période en charge de collecter des informations sur la réalisation des porcelaines31. Cette pratique demeure durant le milieu du XIXe siècle. En effet, la manufacture de Sèvres conserve des correspondances de la part des consuls de France à Shanghai, Charles de Montigny (1805 – 1868), et de son homologue britannique, Rutherford Alcock (1809 – 1897). Dans ces lettres les deux diplomates recensent les échantillons de matériaux qu’ils ont pu récolter et envoyer à la manufacture de Sèvres pour l’élaboration de la porcelaine et plus spécifiquement des émaux servant à les orner32.

Fig. 8 : BOUCHOT, Frédéric , CONSTANTIN, Marc, Lithographie, 1854, 347 x 265cm, MAH Musée d’art et d’histoire, Genève, source : MAH de Genève

La potichomanie continuateur de la chinoiserie

Ce phénomène de pastiche est particulièrement intéressant tant il met en lumière l’ambiguïté que l’on porte sur les objets chinois à cette période. En effet, les dates de la potichomanie, 1854 – 1855, correspondent à l’ouverture du premier musée chinois au musée du Louvre. Il s’agit là d’un ensemble de pièces rassemblé par un seul homme, Charles de Montigny lors de son mandat consulaire en Chine. Ces pièces ont ainsi été récoltées in situ et avec la volonté de représenter un large panel de la production chinoise33. Dès lors, on observe à cette période la pénétration d’objets chinois « authentique[s] »34 , c’est-à-dire n’ayant subi aucune modification, dans l’espace visuel des Parisiens. En effet, à la suite de la mission Lagrenée (1843 – 1846)35 des expositions de ce type ont déjà eu lieu à Paris et dans le reste de la France36. Manuel Charpy, dans sa thèse intitulée : Le théâtre des objets. Espaces privés, culture matérielle et identité bourgeoise – Paris 1830 – 1914, étudie le nouvel attrait de la bourgeoisie pour ces pièces chinoises. En effet, celles-ci deviennent de plus en plus populaires et de plus en plus courantes dans les intérieurs bourgeois, concomitamment à l’émergence de la potichomanie.

Il coexiste ainsi à cette période deux formes d’intérêt pour la Chine. D’un côté, comme l’indique Manuel Charpy, les antiques chinois sont valorisés dans une démarche savante. D’un autre, on apprécie le caractère exotique de l’objet. La potichomanie s’inscrit dans cette dernière. En effet, celle-ci correspond à des objets traditionnellement appréciés des européens comme la porcelaine. Toutefois, à partir des années 1850 – 1860 les émaux cloisonnés, les bronzes et les pierres fines semblent susciter plus d’intérêt que les porcelaines37. La passion pour la potichomanie est donc un témoin des anciennes appréciations que l’on avait pour habitude de porter à la production chinoise38. Cela explique ainsi les retours négatifs sur cette tendance. En effet, le regard que l’on porte aux objets chinois est à ce moment-là terni par l’héritage de la chinoiserie39. La potiche fabriquée dans le cadre de la potichomanie correspond complètement à cette perception tant elle caricature la porcelaine chinoise. Elle se rapproche des tapisseries à motifs de pagodes et de chinois que l’on pouvait observer dans les cabinets du XVIIIe siècle, des porcelaines montées ou encore le goût pour les porcelaines d’exportation. Elles représentent cet imaginaire fantasmé et l’absence de considération savante sur le sujet au profit d’une considération uniquement esthétique. De plus, la porcelaine chinoise est traditionnellement considérée comme un objet de luxe en raison de sa préciosité et de sa provenance lointaine.

Ainsi, il convient de s’intéresser à l’ambiguïté du regard que l’on porte à l’objet chinois durant cette période, oscillant entre le désir d’un objet authentique mais aussi paradoxalement le désir de le posséder à tout prix, même s’il s’agit d’un faux.

Le pastiche d’objet chinois une coutume ?

L’émergence d’une préférence pour les objets chinois n’ayant subi aucune transformation est en grande partie du à l’émergence d’un nouveau critère au sein du  luxe : celui de l’authenticité40. Cette demande apparaît en réaction aux nombreuses contrefaçons produites à cette époque. En effet, comme l’écrit Manuel Charpy, le milieu du XIXe siècle correspond à « l’âge du toc et du simili »41. La potichomanie fait indéniablement partie de cette tendance et les critères de l’époque, qui dénigre l’usage du faux, permettent ainsi de mieux comprendre les critiques virulentes de l’ensemble de la presse sur le sujet. En effet, le caractère « faux » de la potiche, ou le détournement de la porcelaine chinoise, commence à être vivement critiqué :

« […] cette fureur du collage de papier et de vernis plus ou moins infect s’explique parfaitement avec le caractère parisien, auquel il faut de l’imitation et de la contrefaçon […]. Le Parisien refusera toujours une chose simple, bonne et solide, pour une imitation aussi grossière que ridicule ; aussi s’est-il empressé de se mettre les doigts dans le vernis et dans la colle jusqu’aux cous, et s’est-il livré avec frénésie à une occupation aussi malpropre que malsaine, uniquement pour avoir l’air de posséder la porcelaine de Chine ».42

Le recours à la contrefaçon permet en effet d’obtenir à coût réduit des items évoquant le luxe dans son intérieur, permettant à son détenteur de feindre un statut social. La potichomanie prend le contrepied du luxe, tant elle devient durant ces deux années la tendance et l’objet qu’il faut détenir, tout en étant financièrement accessible. L’authenticité se trouve ainsi délaissée au profit de cette production. À tel point que les articles de presse mentionnent une chute des prix de la porcelaine chinoise pour cette période 1854 – 1855.

« […] la pâte tendre de Sèvres avait dépassé, comme prix, des proportions fabuleuses ; la potichomanie replace toutes ces raretés à leur véritable valeur, les relégue [sic.] dans les cabinets des connaisseurs érudits, et leur substitue le verre décoré de papier découpé […] La véritable porcelaine de la Chine et du Japon a perdu de son prix, l’imitation l’a détrônée, nos élégantes daignent à peine arrêter leurs regards sur les grands vases de Canton […]. »43

Néanmoins, il convient de souligner que le succès de la potichomanie repose sur son affiliation avec la porcelaine et notamment avec la porcelaine chinoise. Elle permet d’attester qu’il demeure à cette période un fort intérêt pour la production asiatique, malgré le silence historiographique sur le sujet. Ainsi, comme nous l’avons évoqué précédemment, le milieu du XIXe siècle est une période de changement, où les considérations strictement esthétiques côtoient les ambitions savantes portées à l’objet chinois.

Ce recours au travestissement de l’objet chinois n’est pas nouveau. Sébastien Pautet étudie les fausses porcelaines et laques en tôles vernies réalisées vers la fin des années 176044. Les objets concernés sont semblables à ceux de la potichomanie, il s’agit de « vases, de cafetières, des théières ». Le procédé est similaire tant il s’agit de recouvrir une surface, ici métallique, pour imiter une technique chinoise, d’un vernis feintant la laque. Il soulève d’ailleurs son étude qu’un verrier allemand du nom de Daniel Krafft avait déjà mise en place un procédé de fausses porcelaines grâce à l’emploi du verre. L’auteur explique également que l’emploi de ce type de technique a pour objectif de répondre à la demande de nouvelles formes et quantitatives, ce que permet largement l’usage de la tôle. L’achat de ce type de produit témoigne ainsi de l’intérêt mais surtout de la valeur que l’on porte aux pièces chinoises et ce depuis le XVIIIe siècle. De même, ce phénomène ne se cantonne pas à la France et se retrouve dans divers pays d’Europe, comme l’Empire Germanique, les royaumes d’Italie et l’Angleterre45.

Pour conclure, la potichomanie est un phénomène de mode qui s’est déroulé entre 1854 et 1855. Cette tendance, bien que se limitant à une manie, est révélatrice du changement de perception que l’on porte sur la Chine à cette période. En effet, cette dernière est à la fois ternie par son lien avec la chinoiserie, vieil élément d’apparat et jugé pastiche, mais qui connaît toutefois encore un succès certain en vue de l’ampleur du phénomène. Les critiques négatives, elles, sont éloquentes de cette volonté de renouveau par l’authentique en critiquant fortement l’usage de cette contrefaçon. Enfin, la potichomanie illustre également la place qu’occupent les pièces chinoises dans la production artistique française. Celles-ci sont de véritables modèles et conduisent à l’emploi de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux.

Fig. 9 : Commode, tôle vernie, vers 1770, Pierre Macret (1727 – 1796), h. 0,895 m ; L. 1,363 m , l. 0,623, Vente Christies du 22 novembre 2022 « Marie Antoinette et le goût pour la Chine », source : Christies.



Bibliographie :
CARON, Mathieu, Du Palais au Musée. Le Garde-Meuble et l’invention du mobilier historique au XIXe siècle, Paris, Dijon, 2021.
CHARPY Manuel, Le théâtre des objets. Espaces privés, culture matérielle et identité bourgeoise – Paris, 1830 – 1914, thèse de doctorat sous la direction de Jean Luc Pinol, Université de Tours, 2009.
DAWN Jacob, Chinoiseries, Londres, Phaidon Press Ltd, 1993.
DION-TENENBAUM Anne, GAY-MAZUEL Audray (dir.), Revivals l’historicisme dans les arts décoratifs fra
GAILLARD Emmanuelle, WALTER Marc, Un certain goût pour l’Orient XVIIIe et XIXe siècles, Paris, Citadelles & Mezenod, 2012.
PAUTET, Sébastien, « Fausses porcelaines, vraies innovations ? Tôles vernies, économie de la variété et invention technique dans la seconde moitié du XVIIIe siècle », Les cachiers de Framespa, [en ligne : https://doi.org/10.4000/framespa.6337], 2019.
THOTE, Alain, « De la chinoiserie à l’histoire de l’art chinois : naissance d’une discipline en France (1800-1950) », in Will, Pierre-Étienne ; Zink, Michel éd., Jean Pierre Abel-Rémusat et ses successeurs. Deux cents ans de sinologie française en France et en Chine, Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2020, p. 439 474.
VEYRAC Anaïs, Charles de Montigny (1805 – 1868) : collectionner les objets d’art chinois entre 1840 et 1870, mémoire de master 2 sous la direction d’Antoine Gournay, Sorbonne Université, 2024.

Ouvrages à caractère de source :
SUSSE Frère, Nouvelles instructions sur la potichomanie rédigées et publiées par MM. Susse frère, Paris, Chez MM. Susse Frères, 1854.
Potichomania or, The Art Of Imitating Porelain, Londres, Hutton & Co.

  1. Les objets que l’on peut identifier aujourd’hui comme relevant de la potichomanie sont nommés dans les maisons de vente sous le terme « arte povera ». Ce terme est sans doute employé originellement en réponse à cette technique censée évoquer la porcelaine à moindre coût. ↩︎
  2. Le Constitutionnel, 18 juin 1854. Cet article écrit par Viel-Castel (1802 – 1864) ambitionne de décrire la potichomanie, bien que sous couvert de sarcasme, en effet l’auteur replace ce phénomène dans le contexte des modes toutes éphémères et qui ne cessent de se succéder durant ce siècle. ↩︎
  3. Ce terme est employé pour les différencier des collections réalisées précédemment et sont affiliées à des collections de curiosité ou à des « salons orientaux ». Il s’agit d’objets rassemblées selon un critère relevant de l’exotisme et non d’une échelle de valeur chinoise. ↩︎
  4.  SUSSE Frère, Nouvelles instructions sur la potichomanie rédigées et publiées par MM. Susse frère, Paris, Chez MM. Susse Frères, 1854. ↩︎
  5. Potichomania or, The Art Of Imitating Porcelain, Londres, Hutton & Co. Ce deuxième fascicule ne fait pas figurer de date d’impression ↩︎
  6. Nous pouvons citer par exemple la série de huit gravures réalisée par Honoré Daumier en 1855 et dont une partie est conservée au musée Carnavalet. ↩︎
  7. Susse Frère, op. cit. 1854. ↩︎
  8. C’est ainsi que sont nommés les adeptes de cette pratique dans la presse mais aussi dans les différents fascicules qui ont pu être identifiés. ↩︎
  9. Le Charivari, 12 septembre 1854. ↩︎
  10. Susse Frère, op. cit. 1854. ↩︎
  11. Loc. cit. ↩︎
  12. Le journal des coiffeurs, 1 mai 1855. ↩︎
  13. Le Constitutionnel, 18 juin 1854. ↩︎
  14. Le Figaro, 19 décembre 1861, cet article détaille les activités de la boutique des frères Susse et ce qu’il est possible d’y acquérir. ↩︎
  15. Le Monde illustré, 17 janvier 1863. Cet article propose une rétrospective des activités de Susse Frère. ↩︎
  16. Le Constitutionnel, 18 juin 1854. Jaullain est ici mentionné pour son fascicule, toutefois nous n’avons pas pu identifier ce dernier. ↩︎
  17. Le Charivari, 11 novembre 1854. Il s’agit d’une annonce au sein du journal et qui est spécialisée dans la couleur à base de zinc dédiée à la potichomanie. On retrouve de nombreuses annonces au sein de la presse de boutiques se réclamant de la potichomanie. ↩︎
  18. Le Droit, 27 avril 1855. ↩︎
  19. Le Droit, 15 février 1855. ↩︎
  20. Journal de l’imprimerie, 31 mars 1855. Les planches apparaissent avec la mention en début de ligne de « matériel pour la potichomanie », suivis de l’éditeur et du sujet du ou des motifs. ↩︎
  21. Guide Sajou, 1 septembre 1854, p. 110. ↩︎
  22. Nous n’avons pas pu identifier d’images illustrant les planches de motifs avant découpage. ↩︎
  23. Le Charivari, 27 novembre 1854. ↩︎
  24. Le Charivari, 30 octobre 1854. ↩︎
  25. TLFI, « Potiche », [en ligne : http://stella.atilf.fr/Dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=66881145;, consulté le 03/10/2024]. ↩︎
  26. Le Charivari, 11 octobre 1856. L’article relate la nouvelle attraction du moment et qui est celle du « miracle de Saint Janvier », il s’agit d’un tour de magie faisant croire à un acte de « thaumaturgie » en transformant du sang solide en sang liquide via une réaction chimique. Ce procédé répandu dans les rues de Paris aurait fait suite à la mode de la potichomanie. ↩︎
  27. GONCOURT Edmond, Charles Demailly, Paris, A. Lacroix : Verboeckhoven et Cie, 1868, p. 19. L’édition originale date de 1860. ↩︎
  28. Le Charivari, 24 mars 1869 ↩︎
  29. C’est d’ailleurs ce que l’on retrouve dans le manuel des frères Susse, l’idée que le procédé en verre serait le plus adapté et aurait le meilleur rendu pour imiter l’émail de Chine ↩︎
  30. Le journal du rire, 23 septembre 1854. ↩︎
  31. Voir ABRIGEON (d’) Pauline, « À la recherche des couleurs chinoises : enquêtes, collectes et investigations en France aux XVIIIe siècle et XIXe siècle » in Le secret des couleurs. Céramiques de Chine et d’Europe du XVIIIe siècle à nos jours, Paris, 5 Continents, p. 104 – 129. ↩︎
  32. Archives du musée de Sèvre M3 4W 388 – Chine, période Brongniart. ↩︎
  33. Il convient toutefois de nuancer ces propos. En effet, associer Montigny à un collecteur semble plus juste, et sa sélection semble être principalement motivée dans le but de bénéficier à l’industrie et aux manufactures françaises. Les objets semblent ainsi plus être perçus comme des modèles que comme des chefs-d’œuvre de l’art chinois. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous favorisons les termes d’objet chinois ou de production chinoise à celui d’art chinois. ↩︎
  34. CHARPY Manuel, Le théâtre des objets. Espaces privés, culture matérielle et identité bourgeoise – Paris, 1830 – 1914, thèse de doctorat sous la direction de Jean Luc Pinol, Université de Tours, 2009, p. 648. ↩︎
  35. Il s’agit d’une mission diplomatique ayant pour but de conclure des accords commerciaux entre la Chine et la France aboutissant à la ratification du traité de Whampoa en 1844 sous la supervision de Théodore de Lagrené. ↩︎
  36. Pour approfondir le sujet voir : DEMEULENAERE-DOUYERE Christiane, « Missions commerciales et collections techniques au XIXe siècle : l’introuvable « musée chinois » de la mission de Chine », Artefact, Paris, 2017, p. 77- 94. ↩︎
  37. On déduit cette information de l’organisation des catalogues de vente. Ces derniers sont découpés en sections découpées en fonction du matériau. Ces derniers sont hiérarchisés du plus valorisés, qui ouvre le catalogue, au moins appréciés, objets de curiosité : pièces de monnaie, instruments de musique … Or, durant cette période, ce sont les émaux cloisonnés qui figurent en premier et généralement suivis des bronzes et des jades. ↩︎
  38. Nous tenons à nuancer ce propos, car il semble qu’à partir des années 1860 cette ancienne perception de la production chinoise ressurgisse suite au sac du Palais d’été (1860). ↩︎
  39. THOTE Alain, « De la chinoiserie à l’histoire de l’art chinois : naissance d’une discipline en France », Jean-Pierre Abel-Rémusat et ses successeurs. Deux cents ans de sinologie, en France et en Chine [conférence du Collège de France, Mercredi 11 juin 2014]. ↩︎
  40. CHARPY Manuel « La rareté partagée. Commerces et consommations des antiquités et des curiosités au XIXe siècle (Paris, Londres, New York) », in Le commerce du luxe, production, exposition et circulation des objets précieux du Moyen-Âge à nos jours, Paris, mare & martin, 2015, p. 297. ↩︎
  41. Ibid. ↩︎
  42. Paris illustré, 12 novembre 1854. ↩︎
  43. Le Constitutionnel, 18 juin 1854. ↩︎
  44. PAUTET Sébastien, « Fausses porcelaines, vraies innovations ? Tôles vernies, économie de la variété et invention technique dans la seconde moitié du XVIIIe siècle », Les cachiers de Framespa, [en ligne : https://doi.org/10.4000/framespa.6337], 2019. ↩︎
  45. Pour plus d’informations sur le sujet voir : MORENA Francesco, Chinoiserie. The Evolution of the Oriental Style in Italy from the 14th to the 19th Century, Florence, Centro Di, 2019. ↩︎

One response to “FAUX – La potichomanie : pastiche de l’objet chinois ?”

  1. […] La potichomanie : pastiche de l’objet chinois  ? […]

    Aimé par 1 personne

Répondre à Édition n°7 – FAUX – Me fecit Annuler la réponse.

Tendances