Le terme « faux » est défini en premier lieu comme « contraire à la vérité, ou qui contredit l’existence de quelque chose »1, il dérive néanmoins du verbe faillir qui, lui, sous-tend, l’idée d’un abandon dans le sens qu’il se définit comme « céder, ne pas résister ». Quand il est adjectif, il pointe l’erreur, la non conformité, substantif il s’épaissit car s’il est infidèle aux attendus, il s’inscrit bien dans le monde réel. Puisque ce qui est faux existe malgré tout, nous en explorons, dans cette édition, les différentes expressions.
- cf. définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. ↩︎
Notre dossier s’attarde sur le phénomène de la potichomanie, activité en vogue entre 1854 et 1855, consistant à peindre sur verre une sorte de contrefaçon de l’art chinois. Que dit cet engouement du regard porté à époque sur l’Asie. Quelques décennies plus tard, c’est une reconstitution du réel que développe Jules Baretta pour l’hôpital Saint-Louis puisqu’il cherche, au travers de ses moulages en cire, à imiter les maladies dermatologiques avec une précision scientifique. L’imitation préside aussi au travail de l’artiste contemporaine Tamara Kostianovsky. Pourtant, l’illusion disparait car la vocation de l’objet n’est pas scientifique mais artistique. Elle recrée et interroge un monde naturel fait au moyen de matériaux, issus de l’upcycling, distordant visiblement la réalité : elle affirme le faux. Dans le cadre des enquêtes policières, on s’interroge, au XIXe siècle, sur la recevabilité de la photographie comme preuve. Mais, lorsqu’il s’agit de théâtre, à toutes époques, le faux s’impose, le toc est de mise. Avec le vidéaste Brice Dellsperger, les lignes se brouillent entre réalité et fiction. Il opère en effet, au travers de ses œuvres filmiques, une sorte de mise en abime du concept du double qui pourrait laisser croire que tout est « faux ». Peut-il y avoir une vérité dans une image de propagande ? Que traduit l’emblème choisie par Cosimo de Médicis au Cinquecento ?Est-il le véhicule d’une auto-fiction ? De la même façon, la restauration d’une ruine peut avoir une portée politique forte car, outre les erreurs qui découlent d’un manque de connaissances ou de sources, elle est également une opportunité pour les dirigeants de remodeler le passé et d’en exploiter l’image. Le Haut-Kœnigsbourg est un témoin de ce type d’ambition. Finalement, le récit historique lui aussi contredit parfois la réalité. Avec son film, Marie-Antoinette, Sofia Coppola prend intentionnellement ses distances avec une histoire consacrée. Elle impose un regard sur « une » histoire.
La potichomanie : pastiche de l’objet chinois ?
ANAÏs VEYRAC
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Moulages des pathologies dermatologiques : plus vrai que nature
Elisa Steciuk
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Illusions de Chair : Tamara Kostianovsky au Musée de la Chasse
InÈS Degommier
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La photographie, une preuve recevable ?
Ilona bechard
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L’éclat du toc. Retour sur l’exposition « Bijoux de scène de la Comédie française »
léa Monteil
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Body Double, qui nous donne la réplique ?
Grégoire Suillaud
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L’emblème de Toscane, une « auto-fiction » du duc Cosimo I de’ Medici
Olivia Parent Deslandes
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« I want Candy », Marie Antoinette de Sofia Coppola du film historique au Bildungsroman.
Lisa Jonget
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Les enjeux de la restauration du château du Haut-Kœnigsbourg
Nikola Radosavljevic
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